Magali :

J'ai porté mon aîné en écharpe presque exclusivement lors de nos nombreuses promenades. Porter dans la vie de tous les jours n'allait pas de soi, cela ne correspondait pas à l'idée que je me faisais de la vie d'un bébé. A cette époque, un bébé était pour moi un estomac sur patte qui dormait entre chaque tétées et avait besoin d'être changé régulièrement. Peut être aussi quelques paroles, bisoullages et berceuses...
        Ainsi, j'ai passé presque mes 3 mois 1/2 de congé maternité a essayer d'endormir Benjamin, pour avoir "la paix", pour ENFIN faire "des choses". Et cela ne marchait pas ! Je ne comprenais pas pourquoi mon bébé n'était pas "normal", je lui en voulais d'avoir autant besoin de moi. J'étais totalement obsédée par le fait qu'il fallait qu'il dorme mais il n'en avait pas besoin et il me le montrait très bien !
        Vers ses 2 ans, j'ai arrêté de me battre contre lui, j'ai admis qu'il était comme ça et que les messages de la société concernant les enfants étaient totalement faux. Que chaque enfant était différent et qu'il suffisait de les écouter pour savoir quoi faire et qu'en tant que parents nous avions toutes les ressources pour lui répondre.
        Plus tard, lors de ma seconde grossesse, mes lectures et discutions diverses avec d'autres parents m'ont ouverts les yeux sur les besoins de contacts des petits. En fait, il est probable que Benjamin aurait plus dormi s'il avait été contre moi, bercé par mes activités quotidiennes.

        Pour Anaël, cela coulait de source, il serait avec moi tout le temps dont il aurait besoin et finalement les 8 premiers mois de sa vie, je ne me suis presque pas occupée de lui. Pourtant, il était toujours dans mes bras. Je faisais tout ce que j'avais à faire, au moment où moi j'en avais besoin. Sauf pour les pauses tétées bien sûr, mais pour lui c'était 2 minutes toutes les heures donc rapide !
        Je faisais la vaisselle, aspi, rangement, cuisine, ordi mais également beaucoup de jeux avec Benjamin. Jeux calmes ou danse et couse poursuite. Anaël a été spectateur de tout ça.
        Puis a 8 mois, Anaël ne voulait plus dormir contre moi (sauf quelques longues tétées câlins), il voulait être pénard dans son lit. Il avait eu sa "dose", son réservoir d'amour était plein...Au même moment, il a commencé à s'endormir seul le soir. Je veux dire sans téter, il allait direct dans son lit, chantait 2 minutes et hop fini ! Benjamin  n'a pu faire ça qu'à...2 ans ! Je ne met pas un raccourci, chaque enfant a ses capacités propres mais je suis certaine que ce maternage y a contribuer.

        Je n'ai jamais eu peur de lui donner de "mauvaises" habitudes, je savais pertinemment qu'au contraire, avec une bonne confiance de base, un bébé prend de lui même ses distances. Il y a aussi des retours en arrière : reculer pour mieux sauter, dit on !

        Anaël veut aujourd'hui, et depuis un certain temps déjà, ouvertement faire partie de la vie familliale : il cuisine (sisi à 15 mois c'est possible, il adore mélanger la soupe !), fait le ménage, range ses jouets, vide le lave-vaisselle, décroche le linge du fil...pas toujours de manière adéquate, j'en convient, mais avec plaisir et détermination. Il ne veut pas être mis dans un monde à part : des jouets, un parc et compagnie. Il fait partie du monde des humains, pas celui des bébés avec des activités dites "adaptées".

        Pour moi, l'écharpe est le meilleur outil que l'on puisse avoir pour ça : faire vivre l'enfant dans notre vie et non à côté.

        A lire : Le concept de Continuum, à la recherche du bonheur perdue, Jean Liedloff, Ambre éditions.

Monitrice à Sens de Bretagne (35)

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